Déclaré conforme au référentiel de la CNIL, l’entrepôt doit agréger des données pseudo-anonymisées couvrant le parcours de soins, de la médecine de ville à l’hôpital. Une première étude porte sur les prothèses aortiques auprès de plus de 70 000 patients dans huit centres chirurgicaux.
Ramsay Santé a annoncé, le 14 juillet 2026, le lancement de son premier entrepôt de données de santé, destiné à mettre à disposition de chercheurs internes et externes au groupe des données de santé structurées et pseudo-anonymisées à des fins de recherche.
L’EDS agrège des données médicales issues de sources multiples, parmi lesquelles les comptes rendus d’hospitalisation, les données de consultations, les informations socio-démographiques et les résultats d’examens.
Les données sont hébergées en France sur une infrastructure d’hébergement de données de santé certifiée et sécurisée conformément à la réglementation. Selon Ramsay Santé, l’objectif est de constituer un volume de données permettant d’étudier les soins en vie réelle et de mesurer à grande échelle les effets des traitements, des innovations et des organisations de soins.
Des données couvrant la ville et l’hôpital
Alors que les EDS français ont principalement été développés par des centres hospitalo-universitaires publics, Ramsay Santé indique avoir financé son dispositif sans soutien public. Le groupe se présente comme « le seul acteur privé disposant d’une unité de recherche clinique reconnue par l’État », avec plus de 1 000 articles scientifiques publiés chaque année et plus de 200 protocoles de recherche actifs.
Le périmètre retenu vise à couvrir l’ensemble du parcours de soins. Cette approche doit permettre de suivre les parcours depuis l’entrée dans le système de soins jusqu’à une prise en charge dans un établissement hospitalier privé secondaire ou un centre d’expertise nationale. Ramsay Santé entend ainsi compléter les approches centrées sur les épisodes hospitaliers et produire des analyses portant sur des populations prises en charge dans les conditions courantes de soins, et non uniquement dans le contexte des CHU.
Le principe de l’EDS repose sur la possibilité d’agréger des données issues de la vie courante des patients et des prises en charge réalisées aussi bien en ville qu’à l’hôpital, afin de couvrir l’ensemble du champ du soin.
Des analyses sur plusieurs centaines de milliers de patients
L’EDS permet déjà d’analyser et de modéliser des parcours de patients atteints notamment de maladies de la valve aortique, d’insuffisance cardiaque ou d’infarctus, ainsi que de pathologies de la hanche et du genou. Ces travaux sont menés dans le cadre des programmes CRISP (Clinical Research Indicators for Strategic Performance), avec l’analyse de plusieurs centaines de marqueurs portant sur des centaines de milliers de patients.
Parmi les premiers projets engagés figure une étude consacrée aux prothèses aortiques. Elle doit porter sur plus de 70 000 patients pris en charge dans huit centres chirurgicaux répartis sur le territoire.
L’objectif est de réduire les biais statistiques, d’accroître la représentativité des données étudiées et de documenter les pathologies rares ainsi que les populations habituellement sous-représentées dans les essais cliniques.
Les résultats doivent notamment fournir aux décideurs institutionnels des données sur les prises en charge en vie réelle et contribuer aux travaux sur l’équité d’accès aux soins.
Un EDS intégré à l’Institut Européen des Données Médicales
L’entrepôt est intégré à l’Institut Européen des Données Médicales de Ramsay Santé. Le dispositif doit accueillir des projets conduits avec des entreprises, des écoles et des centres académiques, dans le cadre de partenariats existants ou en développement. Ramsay Santé indique contribuer au Health Data Hub en mettant des analyses anonymisées à disposition de la communauté française de la recherche. Chaque projet souhaitant accéder à l’EDS doit au préalable être examiné par un comité scientifique et éthique indépendant.
Une conformité au référentiel de la CNIL déclarée en mai 2026
L’EDS de Ramsay Santé a été déclaré conforme au référentiel de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) le 7 mai 2026.
Le dispositif prévoit que seules les données nécessaires à la finalité de chaque recherche soient collectées et qu’elles soient pseudo-anonymisées. Les patients doivent être informés de l’utilisation potentielle de leurs données et peuvent exercer leurs droits à tout moment.
Ils peuvent notamment s’opposer à l’utilisation de leurs données dans le cadre d’une étude spécifique ou demander leur retrait du dispositif. Ces démarches peuvent être effectuées par courrier électronique ou via un portail de transparence dédié.
Ce portail recense les projets de recherche ayant obtenu la validation du comité scientifique et éthique indépendant du groupe. L’ensemble du dispositif s’inscrit dans le cadre réglementaire contrôlé par la CNIL et repose sur un hébergement français certifié pour les données de santé.
Une première ouverture en juillet 2026 avant une extension en 2027
Le déploiement de l’EDS est organisé en trois étapes. Une première ouverture technique avec un jeu de données limité est prévue dès juillet 2026.
Au premier trimestre 2027, Ramsay Santé prévoit d’intégrer les données socles d’une vingtaine d’établissements MCO (médecine, chirurgie et obstétrique). Elles comprendront les données du dossier patient informatisé, du Programme de médicalisation des systèmes d’information et de la chimiothérapie.
Le périmètre doit ensuite être étendu progressivement à de nouveaux centres et à d’autres catégories de données. Le groupe prévoit d’intégrer les informations issues des logiciels d’anesthésie et de réanimation, ainsi que d’autres champs spécifiques.
À terme, Ramsay Santé entend utiliser cette infrastructure pour étudier à grande échelle l’impact des innovations et des organisations de soins dans les conditions courantes de prise en charge, en s’appuyant sur des données couvrant la continuité du parcours entre médecine de ville et établissements hospitaliers.

