17 juillet 2026 Nabil Bouamama

Une cellule Santé IA, Big Data, un portail patient adossé à l’application « Connect’CHU » et des projets d’IA en imagerie, en pathologie et en codage de l’activité figurent parmi les actions du projet d’établissement 2025-2030 du CHU d’Angers, construit avec les hospitaliers, les usagers et les partenaires.

Le CHU d’Angers a publié son projet d’établissement pour la période 2025-2030. Ce document stratégique et de communication définit, sur la base du projet médical et soignant, la politique générale et les orientations de l’établissement pour les cinq ans à venir. Il s’inscrit dans une dynamique d’évolution et de prospective, tant de l’offre de soins que des besoins des patients et des professionnels. Il fixe la politique de coopération avec les établissements du territoire et les professionnels de santé de ville, et comporte un volet éco-responsable visant à diminuer les émissions de carbone.

La gouvernance du CHU a voulu en faire un document synthétique, facile à s’approprier. Le contenu décline les axes stratégiques précédents en matière de responsabilité sociale et environnementale, d’innovation, de modernisation et de positionnement territorial. Il intègre des enjeux d’actualité : la prévention et la promotion de la santé, l’intelligence artificielle ou le management. Il vise à s’incarner au plus près des patients, selon une logique de parcours et de filières, et des professionnels, avec un enjeu d’attractivité et de fidélisation.

Huit thématiques traduites en ambitions puis en actions

Le projet est structuré en huit thématiques, définies au cours d’ateliers collectifs de travail, puis traduites en ambitions et en actions. Des projets issus des travaux du projet médico-soignant les illustrent. Chaque thématique s’incarne dans un défi qui engage la communauté hospitalière à se l’approprier :

  • Expérience agent : incarner et valoriser le CHU en tant qu’employeur.
  • Expérience patient : s’emparer de la parole du patient partenaire.
  • Éco-conception des soins : rendre des soins de qualité tout en réduisant ses impacts.
  • Transformation des organisations : agir et donner du sens à l’action;
  • Intelligence artificielle et innovation : se saisir des enjeux du champ de l’innovation.
  • Performance et attractivité : répondre aux besoins de santé du territoire avec efficience.
  • Parcours patient : assurer les conditions d’un parcours patient fluide et sans rupture.
  • Positionnement territorial : décliner la responsabilité populationnelle du CHU.

D’après le sondage effectué lors du séminaire de lancement du projet médico-soignant, le 5 septembre 2024, les deux thématiques jugées prioritaires par les hospitaliers sont l’expérience agent et l’expérience patient. Elles constituent les marqueurs du projet d’établissement 2025-2030.

Une cellule Santé IA, Big Data et une gouvernance de l’innovation

Sur le volet intelligence artificielle et innovation, l’établissement prévoit de structurer un dispositif de gouvernance, de créer une cellule Santé IA – Big Data et de fluidifier le parcours des porteurs de projet.

Le déploiement de solutions d’IA passe par la structuration des bases de données et la sécurisation de la data, le renforcement des terrains d’expérimentation, la détection et le déploiement d’outils opérationnels, le recrutement de compétences expertes et le maintien d’un niveau d’équipement requis.

Le CHU entend aussi repérer l’expertise locale en IA (services, interlocuteurs, porteurs), former le personnel aux enjeux de cette technologie et valoriser l’expertise locale et territoriale.

Plusieurs actions issues du projet médico-soignant traduisent ces orientations. Le département de pathologie cellulaire et tissulaire numérise ses lames microscopiques à l’aide de scanners dédiés, ce qui ouvre la voie au diagnostic anatomopathologique numérique et à l’utilisation d’outils d’IA.

Le département de radiologie déploie le projet Oncology Assistant (OA), plateforme logicielle d’analyse automatisée et prédictive des scanners TAP en imagerie oncologique. La direction recherche clinique et innovation (DRCI) met en place un système de reconnaissance textuelle semi-automatisée à des fins de revalorisation du codage. Le service de pharmacologie-toxicologie développe une plateforme intégrée de médecine personnalisée, combinant dosages thérapeutiques de haute précision et analyses pharmacogénétiques (PGx), pour optimiser les traitements en oncologie et en psychiatrie. La thématique performance et attractivité prévoit par ailleurs de poursuivre les travaux sur le recours à l’IA pour le codage de l’activité.

Portail patient, ordonnancement des lits et télémédecine

Le numérique irrigue aussi le parcours patient.

La direction des services numériques lance le projet de portail patient, avec un accès à l’application mobile « Connect’CHU » pour le patient et un portail de coordination pour les soignants, l’établissement programme un séjour ou un rendez-vous. Le CHU prévoit de mettre à disposition des établissements du territoire un logiciel d’ordonnancement des lits et de créer une cellule d’ordonnancement à l’échelle du territoire.

Le service de néphrologie-dialyse-transplantation structure le parcours « maladie rénale chronique », du diagnostic à la prise en charge de la suppléance, avec un développement de la télémédecine. Le département de médecine d’urgence installe un dispositif d’information en temps réel sur le temps d’attente au SAU, en salle d’attente et dans les couloirs, tandis que le pôle Anesthésie Samu Urgences Réanimation (ASUR) met en place un suivi en temps réel du parcours du patient, de son entrée à sa sortie du bloc opératoire. Le pôle Biologie-Pathologie développe la génomique, avec de nouveaux outils numériques et une activité de recours pour le territoire.

La sobriété numérique fait l’objet d’une action dédiée : le « Watt’Challenge ! », porté par la direction des services numériques au titre de l’éco-conception des soins, vise à faire prendre conscience aux professionnels de l’impact énergétique des pratiques numériques quotidiennes, l’envoi d’un mail ou d’une photo ayant une consommation d’énergie.

Un suivi confié au Comité opérationnel jusqu’en 2030

Au-delà du livrable, les actions du projet d’établissement s’incarneront en feuilles de route qui guideront l’action des directions, des programmes transversaux et des groupes de travail sur les cinq ans à venir. Le Comité opérationnel sera chargé du suivi et de l’évaluation du projet pour la période, sur la base d’indicateurs définis, et s’en fera le relais auprès des instances de l’établissement.